Le très haut débit en Afrique : un enjeu technologique ou humain?

Le très haut débit en Afrique : un enjeu technologique ou humain?

09:36 13 août in Très Haut Débit

Près de quatre milliards de personnes n’ont pas accès à Internet sur la planète. En majorité situés sur les continents africain, asiatique, d’Amérique latine et d’Océanie, les « non-connectés » représentent près de 60% de la population mondiale. Or, l’accès à Internet est « essentiel pour favoriser le développement d’un pays et son insertion dans l’économie mondiale », affirme Clémence Boyer, journaliste du quotidien La Croix.

En Afrique, le taux de pénétration d’Internet n’est que de 18%. Si cette moyenne cache de fortes disparités entre les pays, entre métropoles et zones rurales, le continent africain est un territoire où se connecter demeure compliqué, souvent impossible.

Pourtant, des pays africains mènent une politique ambitieuse en termes de connexion Internet très haut-débit. La Tunisie par exemple cherche à généraliser la fibre optique sur son territoire, de taille modeste à l’échelle de l’Afrique. Mais comment faire pour que l’ensemble des Africains ait accès à Internet, même ceux habitant loin des grands centres urbains ?

Des acteurs majeurs du secteur cherchent à développer des solutions spécifiques au continent africain. Si des opérateurs comme 03b Network ont fait le choix du satellite pour couvrir les zones sous-connectées, Google a créé la sensation avec « Loon », un projet visant à apporter Internet là où la fibre ne peut aller. Comment ? Grâce à des ballons – d’où le nom du projet – naviguant dans la stratosphère et jouant le rôle de relais entre l’antenne émettrice et le récepteur. « Loon » donne accès à des débits équivalents à une connexion 3G dans un rayon de 40 kilomètres autour de l’aéronef. Des tests concluants ont été réalisés en 2013 et devraient encourager le développement mondial de « Loon ».

L’alternative du hertzien soutenue par l’UIT

Comme le montre le projet de Google, le choix tunisien de la fibre n’est pas applicable à l’échelle du continent. Trop cher et trop complexe à mettre en place.

Le hertzien pourrait-il constituer une alternative technologiquement et économiquement acceptable ? C’est ce que pense l’UIT (Union internationale des télécommunications), institution spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication qui entend favoriser le hertzien. Sous son impulsion, 180 nouvelles stations de bases ont déjà été créés dans six pays africains. Ainsi, grâce au hertzien, des écoles, des hôpitaux et plus largement des populations isolées bénéficient d’un accès Internet gratuit ou peu coûteux.

« Quand un enfant a la diarrhée, il n’y a pas de site Web capable de soulager cela », a critiqué Bill Gates interrogé sur le projet « Loon ». En effet, 64% seulement de la population africaine a accès à l’eau potable. Et 40% à l’électricité !

Si l’accès à Internet ne constitue pas la solution à l’ensemble des problèmes rencontrés par les pays d’Afrique, il n’en reste pas moins un facteur de développement économique, social et politique. S’appuyant sur les résultats d’une récente étude, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a ainsi affirmé « qu'élargir l'accès à Internet dans les pays en développement permettrait de créer 140 millions d'emplois et d'aider à sortir 160 millions de personnes de la pauvreté, et que cela aiderait également à réduire de manière significative le taux de mortalité infantile. Dans toute l'Afrique sub-saharienne, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, l'Internet va aider à stimuler le progrès humain. »